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06 Nov

La syndérèse...

La syndérèse...

La syndérèse est, en théologie, la partie la plus élevée de l'âme. D'autres expressions sont aussi utilisées pour la désigner, comme « étincelle de l'âme », « cime de l'âme », « pointe de l'âme »ou encore « étincelle de la conscience ».
La syndérèse est une faculté en l'homme de reconnaître de manière infaillible le bien. Le terme est développé dans la théologie à partir de Jérôme de Stridon, il désigne alors le remords de la conscience présent dans l'homme, et ceci même après le péché originel. Utilisé pour la première fois dans le commentaire de Jérôme de Stridon sur Caïn. Dans la Bible, Caïn est le premier fils d'Adam et Eve. Jaloux de son frère Abel, il décide de le tuer et il est alors l'auteur du premier crime de l'histoire de l'humanité. Jérôme de Stridon affirme que malgré son crime, Caïn se sait coupable. Cette faculté en lui de reconnaître le bien du mal est alors analysée comme une faculté de l'âme humaine de reconnaître le bien.
Les différents théologiens vont alors tenter de définir avec plus de précision cette capacité de reconnaître le bien, en y voyant une faculté de l'âme, faculté qui n'est pas touchée par les conséquences du péché originel. Thomas d'Aquin définit alors cette faculté comme une faculté de la raison et donc de l'intelligence. Cette dernière étant une faculté qui n'est pas victime des conséquences du péché originel, elle est alors décrite comme les facultés les plus pures en l'homme, une faculté presque angélique, et devient pour certains le lieu de l'union de l'homme à Dieu, contribuant à donner naissance aux expressions « fine pointe de l'âme ».
Syndérèse est un terme d'origine grec, qui va trouver deux nouvelles expressions dans les écrits de Jérôme de Stridon. L'expression de « étincelle de l'âme » se trouve dans le commentaire de la vision d'Ezéchiel de Jérôme de Stridon, dans lequel Jérôme de Stridon considère que l'« étincelle de l'âme » est l'analogon du quatrième ange de la vision, l'ange venant affirmer une quatrième faculté autre que l'intelligible, le concupiscible et l'irascible. Cette dernière faculté qui n'est pas corruptible après la chute due au péché originel est l'« étincelle de la conscience ».
Jérôme de Stridon utilise aussi étincelle de la conscience dans le même commentaire, où il étudie le péché de Caïn, celui-ci tue son frère mais continue de connaître sa culpabilité : « Ils placent, en outre, au-dessus de ces trois facultés, une quatrième que les Grecs appellent syndérèse, qui, comme l'étincelle de la conscience,ne s'est pas éteinte dans la poitrine de Caïn après qu'il a été rejeté du paradis et grâce à laquelle nous savons que nous péchons et que nous sommes vaincus par les plaisirs ou la colère, et lorsque nous sommes abusés par de fausses raisons »
Dans la somme théologique d'Albert le Grand, celui-ci parle de l'étincelle de la conscience dans laquelle il voit la présence incorruptible de la conscience face au mal, celle-ci continuant d'agir et ne s'arrête pas même avec le péché Il semble que la conscience soit toujours agissante puisque l'on parle de l'étincelle de la conscience et qu'une étincelle ne cesse de briller. Elle est alors désignée comme la conscience de l'âme...

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